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Championnat de France de SUP race 2013, l’heure du bilan

Les 9, 10 et 11 novembre 2013, se sont déroulés les quatrièmes championnats de France de stand up paddle (SUP) à Canet en Roussillon. Organisés par l’ASBC, l’association des bodyboardeurs et surfeurs catalans et la ligue de surf en Languedoc Roussillon ces championnats ont été de toute beauté et très spectaculaires. L’organisation a en outre bénéficié de soutien actifs d’acteurs tels la ville de Canet en Roussillon, de la région Languedoc Roussillon, de Redwood Paddle (fabricant de planche de SUP basé à Perpignan) et enfin de Bic Sport. Les nombreux participants sont repartis convaincus d’avoir trouvé un nouveau terrain de jeu propice à  la pratique du stand up autour de Canet en Roussillon. Une aubaine pour le développement de la discipline dans la région. Petit résumé des moments forts de cette compétition.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le stand up paddle (ou SUP), ce sport de glisse très accessible u grand public. Il est en plein développement. Souvent qualifié de la bicyclette des mers, la pratique du stand up paddle s’est énormément développée l’été dernier, c’est le sport favori de nombreuses stars qui aiment le pratiquer pour se balader et s’entretenir physiquement. Mais le stand up paddle est aussi un sport où la pratique haut niveau s’est très vite structurée avec de nombreuses compétitions durant l’année, les meilleurs Français enchaînant une trentaine de compétitions en 2013. Et comme le SUP est une discipline dérivée du surf, elle est à ce titre rattachée à la fédération française de surf. À Canet en Roussillon, une centaine de pratiquants se sont affrontés sur deux types d’épreuves distinctes. La première est la longue distance. Elle se dispute sur deux longueurs de planches (qui donne droit à deux titres distincts). La longue distance consiste à relier un point à un autre sur plusieurs kilomètres. En Languedoc Roussillon, la région est balayée par le vent ce qui ravit les adeptes de cette épreuve. En effet, dans cette configuration précise, le parcours est dit downwind. Les coureurs partent alors vent dans le dos et sont poussés par les rafales et le clapôt génère par ce dernier. Les parcours sont donc plus rapides, techniques avec de nombreux surfs sur les vagues au large et surtout spectaculaires. Lors de la première journée de compétition (samedi 9), le directeur de course Fred Bonnef, aidé des nombreux bénévoles et d’une équipe de sécurité mer dirigée par Pascal Maka (le directeur de course du Mondial du vent de Leucate), a choisi de faire partir les coureurs de Cypriano (nord de St Cyprien) pour les faire arriver juste après le cap Béar. Une course de 18 kilomètres environ en planche 12’6 (la catégorie reine car qualificative pour les mondiaux ISA). Les meilleurs français Éric Terrien (multiple champion de France et l’un des meilleurs Européens sur les parcours de race), les bretons Gaétan Séné, Greg Closier, Yoann Cornelis, Arthur Daniel et le nordiste Arthur Arutkin étaient pressentis pour le podium chez les hommes. Chez les femmes, tout le monde attendait la confrontation entre les sudistes Céline Guesdon et Olivia Piana. Cette dernière prendra rapidement la tête sur sa rivale, la calédonienne Sarah Delaunay complétant le podium. Chez les hommes, c’est un inconnu, le calédonien Titouan Puyo, qui se fait un nom sur l’épreuve. Il remporte la longue distance juste devant le jeune Arthur Arutkin (16 ans et grande révélation de l’épreuve) et Éric Terrien. Le parcours fut splendide, il est rare que des organisateurs se donnent les moyens logistiques (bateaux) pour envoyer 70 coureurs au large par vent de terre pour un magnifique downwind. Pour ce faire, l’équipe d’organisation avec à leur tête Fred Bonnef et Guillaume Astruc, avait organisé plusieurs reconnaissances de parcours en fonction de différentes orientations de vent. Pas question d’improviser avec la sécurité des coureurs. Ces derniers ont apprécié le très grand professionnalisme et écoute de l’organisation.

Le lendemain dimanche 10 novembre, c’est à Collioure que les coureurs sont conviés. L’organisation a en effet demandé aux élus de la commune de bien vouloir accueillir la seconde épreuve de ces championnats, la beach race (ou course technique). Le cadre est unique, la baie protégée des remparts, est le site idéal pour lancer les courses à l’abri du vent qui souffle au large en tempête. Espoirs (moins de 18 ans), ondines (femmes) et Open (hommes et meilleurs espoirs) vont s’affronter sur un parcours incroyable comprenant un départ de plage, plusieurs bouées à virer, deux retours sur la plage où il faudra virer une bouée sur le sable en portant sa planche avant une une arrivée au sprint. Le public ne s’y trompe pas. Les parcours très spectaculaires et visuels vont ravir les très nombreux spectateurs ayant une vue unique et privilégiée sur les différentes manches. En Espoir, le nordiste Arthur Arutkin confirme sa très grande forme devant les bretons Arthur Daniel et Martin Letourneur. Chez les Ondines, Céline Guesdon, plus puissante et rapide sur le plat, dispose d’Olivia Piana et de Sarah Delaunay (respectivement seconde et troisième). La cannoise Céline Guesdon décroche donc son premier titre, une récompense méritée après une très belle saison 2013. Dans la catégorie Open, après deux manches qualificatives, ce sont 35 coureurs qui s’élancent sur trois tours (avec les meilleurs Espoirs eux aussi qualifiés pour cette grande finale). Comme pour la longue distance, Titouan Puyo se retrouve aux avant-postes après avoir tourné la première bouée suivi par le jeune sudiste du club de St Maxime Gabriel Bachelet, le breton Gaétan Séné et Arthur Arutkin. La bagarre sera de toute beauté, Éric Terrien (pourtant bien parti) n’étant que 5ème à l’issue du premier tour. Il opère alors une remontée fantastique et entretient le suspense. À chaque bord, il remonte une place avec son impressionnante vitesse. Dans le dernier tour, Titouan Puyo, Arthur Arutkin et Éric Terrien se retrouvent au coude à coude. Arthur Arutkin attaque le leader, Éric Terrien contre attaque lui aussi, le coureur de Bic Sport et meilleur Français s’impose finalement en patron au terme d’une course exceptionnelle. Cette dernière restera dans les anales du stand up français. Elle marque aussi un tournant important dans la discipline. Si les anciens tels Éric Terrien peuvent encore prétendre à la victoire, leur suprématie est désormais contestée par de nombreux jeunes talents à commencer par Arthur Arutkin.

Lundi dernier jour de course : le comité de course peut encore lancer la longue distance en 14′. Sur ces planches plus grandes, la longue distance downwind risque d’être encore plus incroyable surtout avec le vent violent annoncé. Cependant, après le briefing et la mise en place du dispositif mer dirigé par Pascal Maka, le directeur de course Fred Bonnef doit se rendre à l’évidence. Le vent se renforce (alors qu’il était annoncé à la baisse) avec des claques à 60 nœuds. Il ne serait donc pas raisonnable de lancer dans des conditions aussi extrêmes. Sur la plage, si les coureurs sont déçus de ne pas pouvoir partir en mer dans d’aussi belles conditions, ils saluent par des applaudissements l’implication de la direction de course qui a tout tenté pour valider cette ultime épreuve du championnat. Il n’en reste pas moins que  Canet en Roussillon est désormais considéré par les stand up paddlers français comme l’un des meilleurs spots possibles à la pratique de SUP en downwind. Nous devrions donc voir de plus en plus de pratiquants venir sur la commune de Canet pour rallier à la rame Collioure ou Port Vendres. C’est donc sur une impression générale très positive que se terminent ces quatrièmes championnats de France 2013 avec la perspective de futures et nouvelles épreuves de stand up paddle en Languedoc Roussillon dans un proche futur.

 

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